Une formule ne remplace pas l’inventaire
Le nom « multirisque professionnelle » laisse entendre que plusieurs expositions sont regroupées, mais il ne permet pas de savoir, à lui seul, ce qu’un contrat prendra en charge. Deux entreprises installées dans le même quartier peuvent avoir des besoins très différents : atelier avec machines, bureau avec matériel informatique, commerce avec stock, ou activité de service exercée chez les clients. Avant de comparer une prime, il faut donc établir ce que l’entreprise fait, où elle le fait et quels biens sont exposés.
À Colombes, Doulassur présente une offre de services professionnels qui mentionne notamment les locaux, les véhicules, la responsabilité et la santé ou prévoyance du dirigeant. Cet article ne reprend pas cette page sous forme d’une seconde présentation commerciale. Il propose une méthode de préparation pour qu’un dirigeant puisse poser de meilleures questions à son courtier et comprendre les limites de chaque devis.
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Commencer par les activités et les lieux
Décrivez les activités réellement facturées. Une entreprise peut exercer plusieurs métiers ou avoir ajouté une prestation secondaire depuis la dernière souscription. Notez les opérations principales, les prestations annexes, les interventions chez le client, les travaux confiés à des partenaires et la part éventuelle de vente de biens. L’objectif n’est pas de rédiger une brochure, mais de fournir un portrait opérationnel fidèle.
Dressez ensuite la carte des lieux : adresse du siège, espace de stockage, atelier, dépôt temporaire, local partagé ou site client. Précisez qui occupe chaque espace, qui en a la garde et à quelle fréquence les biens y restent. Un bail, un inventaire de clés ou un contrat de stockage peut aider à répondre à une question, mais ne constitue pas en soi une preuve de garantie. Si le bâtiment appartient au dirigeant ou à une société distincte, signalez cette relation afin que l’interlocuteur examine le bon périmètre.
Un tableau de base peut servir de support :
| Catégorie | À relever | Document utile éventuel |
|---|---|---|
| Locaux | adresse, surface utile à l’étude, occupation, activités | bail, état des lieux, plan |
| Contenu | équipements, mobilier, informatique, stock | inventaire daté, factures, photos |
| Activité | produits, services, procédés, sous-traitance | devis types, présentation d’activité |
| Accès | alarmes, fermetures, mesures de prévention existantes | notice ou contrat de maintenance |
| Continuité | dépendances critiques et solutions de repli | liste de fournisseurs, procédure interne |
Les valeurs doivent être cohérentes avec les pièces disponibles. Pour le stock, il est utile d’expliquer si la valeur fluctue selon la saison ou les commandes. Pour une machine, la facture d’achat ne dit pas toujours quelle valeur ou quelle base sera retenue à la date d’un dommage; demandez comment le contrat traite ce point.
Pour distinguer les périmètres de garantie, lire également Distinction entre l'assurance de responsabilité et l'assurance de chose.
Distinguer les familles de dommages
Une demande de multirisque peut réunir des sujets différents : dommages aux bâtiments, contenu professionnel, responsabilité liée à l’activité, frais consécutifs à certains événements, ou dispositifs particuliers. Le détail varie selon le contrat. Il faut donc vérifier où chaque sujet figure et quelles conditions s’y rattachent. L’expression « tous risques » ou « multirisque » ne signifie pas que toute cause de dommage est couverte.
Pour chaque garantie annoncée, posez cinq questions : quel événement est visé ? Quels biens ou personnes entrent dans le périmètre ? Où la garantie s’applique-t-elle ? Quelles limites et franchises sont prévues ? Quelles obligations le client doit-il respecter ? Une réponse générale ne suffit pas si la situation dépend d’une activité accessoire, d’une valeur de stock ou d’une présence sur un site extérieur.
Les exclusions méritent une lecture attentive. Elles ne sont pas un détail de bas de page : elles indiquent les limites contractuelles et peuvent renvoyer à une définition particulière. Il est raisonnable de demander un exemple concret, formulé à partir du risque observé dans l’entreprise. Conservez la réponse écrite avec le devis, puis vérifiez qu’elle reste cohérente avec les conditions particulières finalement émises.
Penser à l’interruption d’activité
Un dommage matériel n’est qu’une partie du problème si l’activité devient temporairement impossible. Le dirigeant peut établir un scénario simple : quel espace ou équipement est indispensable ? Combien de temps faudrait-il pour trouver une solution de remplacement ? Quelles dépenses continueraient pendant l’arrêt ? Quels contrats clients ou fournisseurs pourraient être affectés ? La réponse dépend de l’organisation de l’entreprise; aucun montant forfaitaire ne convient à toutes.
Cette réflexion sert à poser des questions sur les garanties éventuelles liées aux pertes ou frais après un événement assuré. Elle ne signifie pas qu’un contrat couvrira automatiquement une baisse de chiffre d’affaires ou une interruption résultant de n’importe quelle cause. Le dirigeant doit vérifier les événements déclencheurs, la période retenue, les délais, les justificatifs exigés et la méthode d’évaluation. Il peut faire relire ses hypothèses par son comptable ou son conseil lorsque des données financières sont nécessaires.
Un plan de continuité peut aussi révéler des risques qui relèvent d’autres dispositifs : sauvegarde informatique, site de repli, maintenance, protection des données, contrat de sous-traitance ou assurances spécialisées. La multirisque n’a pas vocation à remplacer chaque procédure opérationnelle. L’intérêt de l’inventaire est justement de montrer ce qui est traité par le contrat et ce qui demande une autre mesure.
Pour compléter la comparaison des documents, voir aussi L’assurance responsabilité civile exploitation ne garantit pas la responsabilité contractuelle de l'assuré.
Comparer des offres à périmètre constant
Un tableau de comparaison doit aligner les mêmes lieux, biens, activités et valeurs. Si un devis inclut le stock tandis qu’un autre l’exclut, les montants ne sont pas comparables. Si les franchises diffèrent, notez leur niveau et les événements auxquels elles s’appliquent. Si le plafond varie, identifiez le poste concerné et vérifiez s’il est global ou par sinistre. Ne résumez pas la comparaison en une seule colonne « garanties ».
Préparer l’inventaire des locaux et équipements avant un échange.
Le coût est important, mais il faut aussi relever les conditions de prévention et les démarches en cas de sinistre. Un engagement de fermeture, de maintenance ou de déclaration doit être compris avant la signature. Demandez les délais et les justificatifs attendus pour une déclaration, ainsi que le contact auquel adresser les pièces. En cas d’évolution de l’activité, renseignez-vous sur la procédure de mise à jour et la date à laquelle elle doit être demandée.

Questions à poser au courtier
- La description de mon activité correspond-elle exactement à ce qui sera mentionné au contrat ?
- Les locaux secondaires et stocks temporaires sont-ils identifiés dans le dossier ?
- Comment les valeurs des biens sont-elles déclarées et réévaluées ?
- Quelles exclusions touchent les équipements que je viens d’inventorier ?
- Quel document prouve l’accord final, la date d’effet et les limites applicables ?
- Quel changement d’activité dois-je signaler avant le prochain renouvellement ?
Une bonne réponse précise les documents qui font foi et les incertitudes restantes. Le dirigeant peut demander une reformulation par écrit si une expression est trop générale. Il faut ensuite rapprocher l’explication du devis, des conditions générales et des conditions particulières.
Après la souscription : tenir le dossier vivant
L’inventaire perd rapidement de sa valeur si les acquisitions, déménagements, nouveaux services ou variations de stock ne sont jamais reportés. Fixez un rappel de revue lors du renouvellement et après une évolution importante. Gardez les factures des nouveaux équipements, les versions successives des inventaires et les échanges qui confirment une modification. Cela permet de retrouver ce qui avait été déclaré à une date donnée.
En cas de dommage, sécurisez les personnes et les lieux, puis suivez la procédure stipulée dans le contrat. Photographiez les éléments si cela peut être fait sans risque, conservez les biens endommagés lorsque les instructions le permettent, et notez les références de l’interlocuteur. Une estimation interne ne vaut pas expertise ou décision d’indemnisation; transmettez les pièces demandées et demandez confirmation de leur réception.
Pour compléter ce repère sur les protections et les justificatifs, lire aussi Assurance des professions de santé : les protections à articuler.
Questions fréquentes
Le contrat multirisque couvre-t-il tout ce qui se trouve dans les locaux ?
Pas automatiquement. Les biens, valeurs, événements et limites sont définis par les documents contractuels. Il faut vérifier les déclarations et les exclusions.
Faut-il déclarer un local utilisé quelques jours par mois ?
Décrivez son usage et demandez si cette situation doit apparaître au dossier. Ne déduisez pas la réponse de l’adresse du siège.
La perte d’exploitation est-elle automatique ?
Il faut consulter le contrat pour savoir si elle existe, quels événements la déclenchent et comment elle s’articule aux dommages matériels.
Un inventaire suffit-il pour obtenir un remboursement ?
Il peut contribuer à documenter les biens, mais la décision dépend du contrat, des justificatifs et des circonstances examinées.

Une démarche plus lisible
La préparation d’une multirisque professionnelle est d’abord un travail de description. En cartographiant les activités, lieux, biens et dépendances, le dirigeant aide le courtier à étudier un périmètre cohérent. La lecture des limites et des exclusions est aussi importante que la liste des garanties. Une comparaison utile laisse les zones d’incertitude visibles et confirme par écrit ce qui sera effectivement assuré.
Encart métier — Doulassur
Doulassur présente des services pour les professionnels, notamment des sujets liés à l’activité, aux locaux, aux véhicules, à la protection juridique et à la protection du dirigeant. La pertinence d’une étude dépend toutefois de la situation et des éléments communiqués par l’entreprise. Le guide reste consacré à la préparation de l’inventaire; il ne décrit pas une formule unique ni un résultat garanti. Pour identifier les domaines d’accompagnement annoncés, consulter la page Services professionnels de Doulassur et vérifier si elle correspond au besoin avant de demander un échange.
Pour aller plus loin
Faire le point sur le périmètre professionnel décrit par Doulassur.











