Le 16 octobre 2026, le webinaire d’OPCO Atlas consacré au FSE+ a apporté un repère particulièrement intéressant pour les cabinets de courtage : en plus du cofinancement européen, la branche peut ajouter un financement complémentaire de 20 % des coûts pédagogiques. Pour une formation à l’intelligence artificielle, cela peut représenter jusqu’à 70 % des coûts pédagogiques HT couverts, sous réserve d’éligibilité, de budget disponible et d’accord sur le dossier.
Ce chiffre mérite d’être lu correctement. Il ne s’agit ni d’une remise automatique sur toute dépense liée à l’IA, ni d’une prise en charge de 70 % de la masse salariale ou des frais annexes. Voici ce que nous retenons du webinaire, comment lire le schéma de financement et quelles étapes préparer avant d’engager une formation.
Le point clé du webinaire : 50 % FSE+ et 20 % financés par la branche
Lors du webinaire du 16 octobre, OPCO Atlas a présenté pour les branches concernées — dont le courtage d’assurances et de réassurances — deux contributions sur les coûts pédagogiques : 50 % au titre du FSE+ et 20 % financés par la branche. Le solde pédagogique HT passe par le versement volontaire de l’entreprise. C’est ce financement complémentaire de branche qu’il faut isoler dans un schéma : il s’ajoute à la part européenne, il ne la remplace pas.
| Formation éligible : répartition indicative des coûts pédagogiques HT | ||||
|---|---|---|---|---|
| 50 % FSE+ |
+ | 20 % Financement complémentaire de la branche |
= | 70 % Financement potentiel |
| Les 30 % pédagogiques HT restants sont couverts par le versement volontaire de l’entreprise. La TVA et les frais éventuels se calculent séparément selon le dossier. | ||||
L’intérêt du webinaire est d’avoir rendu lisible le financement complémentaire de 20 % de la branche, en plus des 50 % FSE+. Le cumul donne un repère de 70 % sur le poste pédagogique HT, et non une garantie de financement d’une facture entière. Le dispositif et le barème doivent être confirmés au moment du dépôt du dossier.
Deux exemples pour comprendre le calcul
Les exemples ci-dessous servent à lire la répartition pédagogique HT. Ils ne remplacent pas la simulation myAtlas ni le courrier d’accord : l’éligibilité du programme, le nombre d’heures réellement suivies, les plafonds et la disponibilité des fonds peuvent modifier le montant final.
| Coûts pédagogiques HT | FSE+ (50 %) | Branche (20 %) | Solde pédagogique HT (30 %) |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | 5 000 € | 2 000 € | 3 000 € |
| 18 000 € | 9 000 € | 3 600 € | 5 400 € |
Dans le second exemple, le devis dépasse 15 000 € HT : Atlas demande trois devis comparatifs d’organismes différents. Cette exigence doit être anticipée dans le calendrier. Les montants du tableau sont hors taxes ; ils ne signifient pas que la TVA ou les frais administratifs sont inclus dans les 30 %.
La TVA : un poste distinct du schéma HT
Le point de vigilance rappelé pendant le webinaire est que la TVA est à ajouter uniquement pour les entreprises de plus de 50 salariés. Elle ne doit donc pas être intégrée à la ligne des 30 % pédagogiques HT dans ce schéma. Les exemples ci-dessous restent volontairement exprimés en HT ; pour établir le montant TTC d’un dossier, l’entreprise doit suivre les éléments communiqués par Atlas dans son accord.
Quelles formations à l’IA peuvent entrer dans le dispositif ?
La FAQ d’Atlas classe les formations à l’intelligence artificielle dans la transition numérique. L’intérêt du dossier est de décrire un besoin professionnel précis, plutôt que de demander une formation générique « à l’IA ». Un cabinet peut, par exemple, travailler sur la qualification des demandes, la préparation d’un rendez-vous, l’analyse de documents non sensibles, la rédaction d’un premier brouillon relu par un collaborateur, ou la recherche dans une base documentaire interne.
Le programme doit expliquer les objectifs, les compétences visées, le contenu, la durée et les modalités. Pour rester utile au cabinet, la formation peut aussi prévoir des livrables prêts à l’emploi : une cartographie des cas d’usage, une fiche de règles internes, des modèles de consignes, une grille de vérification des réponses produites, un circuit de validation humaine ou une procédure de pseudonymisation. Ces supports doivent être rattachés aux objectifs pédagogiques et décrits dans le programme soumis à Atlas ; leur présence ne suffit pas, à elle seule, à rendre un dossier éligible.
Les bénéficiaires doivent être des salariés. Les dirigeants non salariés, les mandataires sociaux sans contrat de travail et les travailleurs non salariés ne sont pas éligibles au titre de cette FAQ. L’organisme de formation doit être certifié Qualiopi. Une formation en présentiel est possible ; à distance, Atlas précise que le formateur doit être en direct avec les stagiaires : le e-learning suivi seul n’est pas pris en charge. La durée minimale indiquée est de 3 h 30, et la formation doit être terminée au plus tard le 31 décembre 2027.
Le parcours administratif à sécuriser avant le premier cours
| 1. Cadrer | 2. Vérifier | 3. Déposer | 4. Attendre l’accord | 5. Réaliser et justifier |
|---|---|---|---|---|
| Besoin du cabinet et salariés concernés | Branche, programme, Qualiopi, durée, budget | Demande FSE+ sur myAtlas avant le début | Devis non signé ; convention au plus tôt à J+1 après la demande | Présences et pièces de réalisation ; règlement selon l’accord |
En pratique, les étapes sont les suivantes :
- Décrire la compétence à développer, les salariés concernés et les situations de travail visées.
- Faire valider l’éligibilité de la branche, de la formation et des bénéficiaires avec un conseiller Atlas.
- Réunir le programme détaillé, l’attestation employeur de chaque salarié et un devis non signé. Au-delà de 15 000 € HT, prévoir trois devis comparatifs.
- Déposer la demande dans myAtlas avant le début de la formation. La date limite annoncée pour 2026-2027 est le 15 décembre 2027, dans la limite des fonds disponibles.
- Respecter le principe d’incitativité : selon la FAQ, la convention est datée au plus tôt du lendemain du dépôt de la demande. Attendre l’accord et ses modalités avant de lancer la session.
- Conserver les justificatifs de présence et de réalisation. Le règlement s’effectue sur les heures effectivement suivies.
Atlas annonce un plafond de subvention FSE+ de 500 000 € par entreprise (SIREN). La FAQ indique un délai d’instruction pouvant aller jusqu’à deux mois. Depuis le 19 octobre 2026, Atlas prévoit le règlement direct de l’organisme de formation pour les dossiers FSE+, quelle que soit la taille de l’entreprise ; les modalités concrètes restent celles précisées dans l’accord.
Ce qu’une formation utile doit changer dans le cabinet
Le financement est un moyen, pas l’objectif. Pour qu’une formation à l’IA soit utile au courtage, elle doit partir des opérations réelles : les demandes reçues, les pièces examinées, les outils déjà utilisés et les décisions qui restent sous la responsabilité des équipes. Une séance peut ainsi permettre de cartographier les tâches répétitives, de distinguer ce qui peut être assisté de ce qui nécessite un contrôle renforcé, puis de tester un processus sur des données fictives ou correctement pseudonymisées.
Cette logique rejoint plusieurs sujets déjà abordés par Courtage Magazine : la mise en place de contrôles pour les usages IA, la traçabilité du devoir de conseil et les points de vigilance RGPD dans les outils du quotidien. Une formation bien cadrée doit aider le cabinet à relier ces exigences à des gestes concrets : qui saisit la demande, quelles données peuvent être utilisées, qui relit le résultat, où la validation est conservée et comment corriger une erreur.
Pour les cabinets qui souhaitent aller plus loin, iSoluce présente son accompagnement autour de la formation à l’intégration de l’IA et des LLM dans un cabinet de courtage. La démarche peut inclure des livrables prêts à l’emploi et des cas travaillés avec les équipes. L’agence IA iSoluce décrit également son approche de conception et d’intégration. Pour voir une interface métier pensée autour des usages du courtage, découvrez PRIA. Ces liens présentent des solutions et des exemples ; ils ne constituent pas une validation d’éligibilité par Atlas.
À retenir après le webinaire OPCO Atlas
- Le repère mis en avant pour les branches concernées est bien un financement complémentaire de 20 % par la branche, en plus des 50 % FSE+ sur les coûts pédagogiques HT.
- Le solde pédagogique indicatif est donc de 30 % HT, avant traitement séparé de la TVA et des éventuels frais.
- Le dispositif vise des formations de salariés sur des thèmes éligibles, dont la transition numérique et l’IA ; il faut vérifier le statut des bénéficiaires, la certification Qualiopi et le format de la session.
- La demande doit précéder le démarrage. Devis non signé, convention à J+1, présence justifiée et accord Atlas font partie des points à sécuriser.
- Le cofinancement dépend de l’accord, du budget disponible et des règles en vigueur au moment du dépôt. Aucun montant de reste à charge ne doit être présenté comme garanti avant cette validation.
Le dispositif peut rendre une montée en compétence plus accessible, à condition de préparer un projet précis et d’en vérifier chaque règle avant l’inscription. Pour tout dossier concret, rapprochez-vous d’un conseiller Atlas et utilisez la simulation officielle.
Sources officielles et ressources
- OPCO Atlas — Bénéficier du FSE+ : taux de financement, branches, coûts éligibles et pièces du dossier.
- OPCO Atlas — FAQ FSE+ : formations IA, salariés éligibles, Qualiopi, devis, modalités et calendrier.
- OPCO Atlas — Webinaire « FSE+ : un soutien pour former vos salariés » du 16 octobre 2026.
- OPCO Atlas — Conditions de règlement : évolution des modalités et règlement direct des dossiers FSE+ à compter du 19 octobre 2026.
Article publié le 17 octobre 2026. Les taux et règles de financement peuvent évoluer. Cet article résume le webinaire et les informations officielles consultées à cette date ; il ne vaut pas accord de prise en charge. Le traitement de la TVA indiqué ici reprend la précision apportée pendant le webinaire ; le courrier d’accord Atlas fait foi pour chaque dossier.











